La jeune pousse Borea, basée dans le Limousin, démarre la commercialisation de son produit. Sa solution fluidifie les échanges entre dentistes et prothésistes, lors de la fabrication des prothèses.

JEAN-PIERRE GOURVEST, Le 03/03/2017 pour Les Échos business

La start-up limousine Borea lancera en avril prochain la commercialisation de son « Rayplicker », système de prise de teinte dentaire connecté. Fondée en 2013 par un chirurgien-dentiste et un docteur en optique, la société, basée sur la technopole Ester à Limoges, finalise actuellement une levée de fonds de un million d’euros, qui lui permettra d’entreprendre la fabrication en petites séries – deux cents exemplaires par an – de son appareil. Destiné à réaliser une opération qui se faisait jusque-là manuellement de façon empirique, le Rayplicker visualise, cartographie, photographie et transmet au prothésiste les données prises par le dentiste, gagnant en précision comme en temps, avec pour objectif la réalisation de prothèses dentaires de grande qualité.

Un produit made in France

Sur un marché planétaire, l’engin s’affiche made in France, conçu et réalisé en Haute-Vienne, et a été présenté avec succès, en novembre 2016, au Salon de l’Association dentaire française (ADF) de Paris. Il sera également dévoilé à l’International Dental Show de Cologne (Allemagne) qui se déroule du 21 au 25 mars 2017, manifestation majeure du secteur dans l’espace européen.

« Nous sommes dans la dernière phase de notre projet, explique Pierre-François Crenier, responsable marketing de Borea. Nous avons contacté nos premiers clients grâce à ces salons internationaux, tandis que nous achevions la mise au point de notre appareil. »

Des débouchés multiples en Europe

Dans cette ambition, la start-up va recruter dans les prochaines semaines trois ou quatre collaborateurs qui renforceront ses effectifs (quatre actuellement). Dès la sortie des premiers Rayplicker sur le marché, des actions commerciales seront engagées, menées par des représentants également embauchés (1 ou 2), avec l’espoir que l’entreprise monte en puissance.

« Par le Salon de Cologne, nous allons rencontrer de nombreux prospects européens, dévoile le dirigeant de la start-up, avant de nous intéresser à d’autres continents. Notre produit est destiné à évoluer, nous y travaillons déjà, avec une étude d’une « version 2 », et nous n’excluons pas d’inventer plus tard d’autres matériels, dans le même domaine dentaire… »

La « solution complète » proposée par les techniciens limousins est appelée à révolutionner les rapports entre dentistes et prothésistes, optimisant les échanges de données via une interaction avec le cloud. S’y ajoute un suivi de commandes en temps réel, permettant de gagner un temps aussi précieux pour le patient que pour les professionnels. Si le nombre d’appareils fabriqués paraît modeste – avec la moitié, soit une centaine, destinée à l’exportation -, il s’agit là d’une première estimation. En regard du potentiel client, le Rayplicker – dont les brevets assurent la protection et imposent l’entreprise limougeaude comme seul concepteur – pourrait se manufacturer dans des séries beaucoup plus importantes.

 

JEAN-PIERRE GOURVEST, Le 03/03/2017 pour Les Échos business