Borea, start-up basée à Limoges (Haute-Vienne), lance « Rayplicker », un nouveau système de prise de teinte dentaire avec connectivité entre le chirurgien-dentiste et le prothésiste dentaire. Explications.

 

La fin des teintiers manuels aurait-elle sonné ? Avec Rayplicker, un appareil de prise de teinte connecté, une ère nouvelle s’annonce pour les chirurgiens-dentistes et fabricants de prothèses. En une seconde, Rayplicker enregistre la teinte dominante de la dent, ses différentes nuances et sa translucidité. Une trentaine de secondes plus tard, l’image numérique s’affiche sur l’appareil tactile et peut être transférée au prothésiste dentaire grâce à un logiciel dédié. Le fichier, accessible via le Cloud, lui permettra de fabriquer la réplique parfaite qui passera inaperçue en bouche.

 

RAYPLICKER, UNE SOLUTION BREVETÉE QUI SEDUIT DÉJÀ

Cette technologie a été mise au point par Frédérik Rougier, chirurgien-dentiste installé en Haute-Vienne. Certes, des appareils existaient sur le marché mais leur confort d’utilisation et leur coût ne le satisfaisaient pas. Grâce à un ami qui travaille au laboratoire XLIM à Limoges, le cahier des charges du projet est alors confié à Julien Guillot, docteur en optique. « Frédérick Rougier ne trouvait pas toujours la teinte exacte car, selon la luminosité et la santé du patient, la perception de la couleur peut changer, d’où l’idée de mettre au point un spectromètre pour une prise de teinte fiable et reproductible sans influence de l’environnement extérieur raconte Pierre-François Crenier », responsable marketing. 100% made in France, le projet incubé à l’AVRUL de Limoges et adossé à XLIM a été mis au point durant deux ans. En 2013, les deux hommes s’associent pour créer Borea.

Plusieurs brevets ont été déposés dont un pour la tête de mesure optique. L’ergonomie de l’appareil permet de scanner toutes les dents. Les données sont ensuite transférées grâce au logiciel mis au point par Borea, dont seront équipés dentistes et prothésistes. Le dentiste pourra suivre instantanément l’avancement de la prothèse. Pour accéder au cloud, le prothésiste paiera 10 euros par mois, un tarif qui pourra être dégressif. « Cette solution séduit déjà, je m’en suis rendu compte lors d’un salon spécialisé à Dubaï : un client voulait acheter mon exemplaire. Il permet d’obtenir en une seule acquisition toutes les informations de teintes nécessaires à l’intégration esthétique de la prothèse. La teinte peut être visualisée sous différentes cartographies, photo polarisée de la dent, analyse générale, trois ou neuf teintes, cartographie complète et translucidité, celle-ci étant impossible à reproduire à partir d’un teintier« .

Une étude scientifique comparative sur les trois appareils vendus sur le marché français (qui sera publiée, en mars) révèle que « Rayplicker est le mieux noté en termes de facilité d’utilisation et de rapidité« .

 

LANCEMENT OFFICIEL EN AVRIL

2017 sera l’année du lancement commercial de « Rayplicker »  : les pré-ventes ont débuté pour un lancement commercial mondial en avril, après une présentation prévue à l’International Dental Show qui se tient à Cologne du 21 au 25 mars prochain.  « L’objectif est de commercialiser 200 appareils la première année à 3.000 euros TTC l’unité et de trouver des distributeurs au Salon de Cologne« , précise-t-il.

A noter par ailleurs que Gilles Pierson, ancien Président de Actéon, premier groupe de distribution dentaire, vient de succéder à Frédérick Rougier. Son expérience, son savoir-faire et son réseau devraient accélérer le développement de l’entreprise, notamment au Moyen-Orient. Une levée de fonds d’un million d’euros est en cours, quatre recrutements sont prévus cette année dont trois en avril.

CORINNE MÉRIGAUD