Un chirurgien dentiste et un docteur en optique ont créé en 2013 la société Borea qui a présenté fin 2016 son premier appareil connecté de prise de teinte pour la fabrication de prothèses dentaires.

Frédérik Rougier est chirurgien-dentiste en Haute-Vienne. Il y a quelques années, il a eu l’idée de créer un appareil qui permettrait de détecter le plus justement possible la couleur des dents des patients pour la transmettre aux prothésistes dentaires. Des appareils existaient déjà sur le marché mais « ils étaient soit trop chers, soit pas du tout faciles à utiliser », confie-t-il.

Grand sportif, pratiquant le vélo, il parle de son idée, lors d’une sortie, à un copain qui travaille à X-Lim, laboratoire scientifique de pointe de l’Université de Limoges, lequel l’encourage à aller plus loin. Il lui propose même l’aide d’un « thésard » pour démarrer le projet.

Une rencontre constructive

Frédérik Rougier a défini le cahier des charges fonctionnel. Julien Guillot, le « thésard », titulaire d’un doctorat en optique, s’est occupé des solutions techniques. Objectif : réaliser une teinte fiable, reproductive avec un appareil simple à utiliser.

Pendant deux ans, au sein de l’AVRUL, (Agence de la valorisation universitaire en Limousin), ils vont peaufiner leur projet, testant différents prototypes. En juin 2013, les deux hommes, qui s’entendent bien, décident de créer la société Borea et poursuivent leurs mises au point qui vont aboutir à la création de leur premier produit, le « Rayplicker », un appareil connecté de prise de teinte « qui s’inscrit dans une démarche de qualité répondant à la généralisation des certifications dans le domaine de l’esthétique dentaire, pour la fabrication de prothèses dentaires. »

Une première à Paris. Un produit qui a été présenté pour la première fois, au mois de novembre, au salon de l’ADF (Association dentaire française) au Palais des Congrès à Paris. L’accueil a été plus qu’encourageant.

Lancement de la commercialisation

Frédérik Rougier, le président de Borea, est confiant : « dès le départ, nous avons pris le problème à l’envers, explique-t-il. Nous ne sommes pas partis du produit pour essayer de le vendre ensuite. Nous avons d’abord défini le prix de l’appareil, autour de 3.000 euros, avant de le mettre sur le marché. Pourquoi?? Parce qu’à ce prix-là, on arrive à vendre des appareils sur un salon. C’est ce qu’on appelle des achats d’impulsion. Je connais bien le marché dentaire et je savais que tout se jouait autour de ce seuil de prix. Et c’est ce qui s’est passé sur le salon. Notre marque, Borea, n’est pas connue, notre produit, Rayplicker, non plus et pourtant, nous avons vendu plusieurs appareils sur le salon. C’est très encourageant?! »

2017 sera donc l’année du lancement commercial du Rayplicker. Le marché est planétaire. « Nous avons des brevets qui nous permettent d’être les seuls à fabriquer cet appareil-là dans le monde, souligne le directeur général, Julien Guillot. Notre objectif est d’en vendre deux cents dont une centaine à l’export. »
L’entreprise, qui a procédé en 2016 à une levée de fond d’un million d’euros pour poursuivre son développement, va aussi recruter. Huit personnes travaillent aujourd’hui dans la société. Trois autres vont arriver et ce n’est pas fini, car Borea pense déjà à d’autres applications, notamment dans l’industrie.

 

Anne-Sophie Pédegert

Le Populaire du Centre